Cette année j'ai envie de vous faire découvrir mon Alsace natale autrement que par la "choucroute, le vin, les maisons à colombages...". 

Je veux vous montrer, au fil des lettres de l'alphabet, une Alsace un peu moins connue, une terre de traditions, une terre martyrisée, des gens joyeux, des célébrités, mais surtout une Alsace heureuse, anecdotique et épanouie. (les textes sont extraits du livre "Le livre de l'Alsace" de Léon Daul que m'avait offert ma soeur Jacqueline)

"armoire"

Jusqu'au XVIe siècle, on rangeait les vêtements, étoffes ou draps dans des coffres. Les habits de travail étaient suspendus à des crochets en bois. On finit par mettre ces coffres en position verticale, ouverture vers l'avant. On y mit des portes plus légères et des rideaux de lin. Ainsi sont nés penderies et garde-manger. On les appelait les "Olmer" (du latin almarium, armoire), meuble combiné à usage multiple de rangement. Vers le XVIIIe siècle, l'amoire à deux battants fait son entrée en milieu rural, inspirée de milieux bourgeois avec colonnes torses ou sculptées.

armoire

 

"accent tégu":

Titre d'un sketch du Barabli, version alsacienne du rond de cuir courtelinesque. Les machines à écrire laissées par les allemands après 1945 ne comportaient pas de touches pour les accents aigus, graves ou circonflexes. Dans les administrations et les entreprises, les textes devaient être corrigés à la main. Certains fonctionnaires passeront leur temps à mettre des accents aigus sur des mots!

" Argentorate"

Nom gaulois de Strasbourg. Au début du II ème siècle avant J-C., un sanctuaire avec une place du marché aurait été installé au sommet de la colline de l'actuelle cathédrale. Argentorate signifie ainsi "colline", "éminence d'Argento". Argento désigne , avant l'arrivée des Celtes, l'Ill, la rivière argentée. Ce nom apparaît aussi dans celui de la ville romaine  d'Argentovaria, Horbourg, à côté de Colmar. Les légions romaines s'y succèdent en rendant hommage au père Rhin, Rhenus pater. Vaste camp militaire, clé d'un passage rhénan fréquenté, Argentorate est exposé aux invasions, dont celle des Alamans et aux destructions. A partir du VI ème siècle, les Mérovingiens appellent ce lieu Strate Burgus, la ville des routes. On trouve le terme d'Argentinensis sur les sceaux des premiers évêques de Strasbourg. Les bourgeois de Strasbourg avaient le titre de civis argentinensis. Les humaniste qui remettent le latin en honneur, utiliseront le nom d'Arentoratum. Au XVII ème siècle les gravures de la ville utilisent indifféremment les inscriptions Strass-Bourg, ville de la croisée des routes ou Argentina, ville qui a l'éclat de l'argent.